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Jenefer a-t-elle retrouvé des terres ? Elle nous raconte

  • cecilebarnaud
  • 27 févr.
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 mars

Vous êtes nombreuses et nombreux à avoir été émus par le récit de Jenefer dans le film, qui nous raconte qu'elle va devoir quitter les terres qu'elle exploite depuis plus de 20 ans en maraîchage, sur lesquelles elle n'avait qu'un droit d'usage informel. Et une question brûle toutes les lèvres à chaque projection : Jenefer a-t-elle retrouvé des terres ? Elle a accepté de nous raconter ici ce qui s'est passé pour elle depuis le tournage du film, témoignage précieux qu'elle nous livre dans son français imparfait de galloise. Ecrire, pour elle, c'est plus facile en anglais, mais la sincérité fait fi des barrières de langue.


Jenefer Bonzcyk dans Demain, la vallée (Copyright Jérôme Prudent)
Jenefer Bonzcyk dans Demain, la vallée (Copyright Jérôme Prudent)

"Bonjour et merci pour votre intérêt dans ce film et nos vies au fond de la vallée. Je suis touchée que tant de gens trouvent de l’importance dans ce que nous faisons.


Personnellement, j’ai éprouvé des sentiments mixtes au regard de ce film. Etant quelqu’un un peu introvertie, je me sentais exposée dans un moment très dur de ma vie, et j’avais honte quelque part en me disant qu’on avait “râté” notre projet - quelle folie d’avoir installé tout ça sur des terres qui ne nous appartenaient pas ? Qu’est-ce que tous ces gens vont penser de moi ? Mais aussi, malgré ma grande réticence d’être filmée ce jour-là, je suis contente qu’ils ont insisté, que vous pouvez tous voir ce magnifique jardin avant qu’il n’existe plus, et je suis fière surtout de mes beaux carottes !


Ce n’était pas clair dans le film, mais on avait déjà acheté une maison à Massat en 2019 avec un peu de terre. Enfin, c’était plutôt une grange au début, mais les travaux ont avancé et on a pu s’installer directement à l’époque.  Au début, la terre ne m’inspirait guère – orienté au nord, très raide par endroit, l’argile lourde et des quantités invraisemblables de limaces. Je me demandais si ce n’était pas le moment d’arrêter le maraichage – une vacance en été, un voyage ? Quelle liberté ! Mais non, ça me manquait trop… on avait beau chercher les terres autour pour relancer un projet, mais on n’a rien trouvé. Toujours la même histoire – la terre coute beaucoup plus cher par rapport à ce qu’on peut réellement espérer gagner en maraichage, et puis dans la vallée les terres ne sont même pas à vendre, les terrains plats sont rares ici et prisés.


La solution s’est présentée finalement à Biert, avec Hélène qui est aussi dans le film. Nous avons fait connaissance vraiment en allant ensemble à Toulouse pour une projection de Demain La Vallée, puis j'ai commencé à l’aider chez elle. On s’entend bien, on a lancé un partenariat pour exploiter ses terres à deux. Ça fonctionne toujours bien, on cultive, on travaille dur des fois, mais aussi on discute, on rigole.


Puis la terre chez nous donne bien finalement (l’argile à ses avantages aussi). Là, je me concentre sur la production des semences et des plants. Je sélectionne les variétés adaptées localement, provenant pour la plupart due l'ancien jardin là-haut. Je veux contribuer à l’autonomie de la vallée. L’idée est que ces trésors (mes graines) soit semés chez Hélène surtout et dans toute la vallée.


Et puis la vie continue, mes enfants ne sont plus des enfants. Ils font des belles choses, ils rient et ils rêvent. Et nous, les parents, on est laissé derrière ! Mais on s’adapte, on change aussi. La montagne me manque bien sûr, je ne la vois pas d’ici. Je monte parfois visiter les voisins (on est toujours ‘voisins’ malgré le déménagement) et je marche en montagne des que je peux. Ça fait du bien !


Merci à vous tous et bonne continuation !"


Jenefer Bonczyk, février 2025


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